Journée internationale des droits des femmes : Laure Buhry

8 mars 2017

Laure Buhry est maître de conférences à l’Université de Lorraine et chercheuse en neurosciences computationnelles dans l’équipe Neurosys. Cette jeune chercheuse a notamment reçu la bourse Pour les Femmes et la Science de la Fondation L’Oréal pour ses travaux en 2009.

  • Quels sont vos sujets de recherche ?

Mon travail porte sur la modélisation mathématique et informatique appliquée aux neurosciences, c’est-à-dire l’étude du cerveau et de ses composants, les neurones, ainsi que du système nerveux.

Je mène mes recherches sur l’analyse de l’activité cérébrale, en particulier celle du système mnésique pendant l’anesthésie générale, mais aussi pendant le sommeil. Je cherche notamment à mieux comprendre les mécanismes d’action des anesthésiques sur les populations de neurones. En effet, même si l’anesthésie est un acte médical sûr et bien maîtrisé empiriquement, certains patients se réveillent ou se souviennent et développent à la suite des troubles post-traumatiques. Mon travail devrait permettre, à terme, de mieux doser les produits anesthésiques et comprendre leurs interactions afin d’assurer le bien-être du patient pendant l’opération et à son réveil.

Mes recherches entrent en interaction avec de nombreuses disciplines. Je travaille notamment avec Laurent Koessler, chargé de recherche CNRS au CRAN,  Radu Ranta, maître de conférences au CRAN et Louise Tyvaert, neurologue PU-PH au CHRU de Nancy. Nous nous penchons sur la question de l’épilepsie temporale et essayons de comprendre pourquoi, pendant le sommeil, l’activité épileptique est plus importante.

Je me consacre également à l’enseignement de l’informatique, de l’intelligence artificielle et des mathématiques à l’UFR Mathématiques et Informatique, au sein du Collegium Lorraine Management et Innovation.

J’encadre deux doctorants : un à 100 % sur l’anesthésie et la mémoire, et un à 50 %, sur l’épilepsie et le sommeil, en co-direction avec Radu Ranta, de l’équipe ESPaCE du CRAN.

  • Quel est votre parcours ?

Je suis originaire de Seine Saint Denis où j’ai passé un baccalauréat scientifique, suivi d’une classe préparatoire mathématiques à Paris et d’une licence. J’ai passé un master en mathématiques à Bordeaux, puis j’ai enchaîné sur un master 2 en sciences cognitives. Ma thèse s’est déroulée dans le groupe Bioélectronique du laboratoire « Intégration du Matériau au Système » à Bordeaux 1. J’ai passé 18 mois en Allemagne pour mon premier post-doctorat, et suis arrivée au Loria en 2012.

  • Qu’est-ce qui vous a fait aimer les sciences ?

Mes parents lisaient le magazine La Recherche, je me suis donc intéressée très rapidement à différents sujets scientifiques, principalement l’astronomie. Je me souviens d’ailleurs d’un numéro dans lequel figurait un reportage sur la forme de l’univers : c’est à ce moment que j’ai commencé à me passionner pour les mathématiques ! Cela s’est intensifié avec les démonstrations de géométrie en 4ème.

  • Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier de chercheuse, et quel conseil donneriez-vous aux jeunes filles qui veulent faire des sciences ?

Ce que j’apprécie en particulier, c’est que nous apprenons de nouvelles choses tous les jours, c’est très enrichissant et stimulant.
Le meilleur conseil que je peux leur donner est que si une discipline vous plaît, persévérez !

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