La conférence LACL a soufflé ses 20 bougies

10 février 2017

Du 5 au 7 décembre, la conférence “Logical Aspects of Computational Linguistics” fêtait ses vingt ans au Loria. À cette occasion, nous avons rencontré Maxime Amblard (Maître de Conférences, Université de Lorraine), Philippe de Groote (Directeur de Recherche Inria) et Sylvain Pogodalla (Chargé de Recherche Inria) de l’équipe Sémagramme.

La première conférence LACL a eu lieu en 1996. Elle a été impulsée par Christian Retoré – alors chercheur dans l’équipe Calligramme du Loria et désormais Professeur à l’Université de Montpellier et chercheur au LIRMM – et co-organisée avec Philippe de Groote.

Quatre problématiques motivaient cette toute première édition : la sémantique logique de la langue naturelle, la grammaire et la logique, les mathématiques avec motivations linguistiques et les perspectives informatiques. Cet évènement a attiré de nombreux scientifiques et s’est renouvelé tout au long de ses neuf éditions pour rassembler toute une communauté de chercheurs autour des aspects logiques de la linguistique computationnelle.

« Cette première conférence a accueilli des présentations à l’origine de mon sujet de thèse, notamment les travaux d’Edward Stabler sur le minimalisme chomskien » précise Maxime Amblard.

 

Les différentes évolutions de la conférence et le domaine très vaste couvert par celle-ci ont fait émerger de nouvelles questions entre logique, linguistique et informatique, en attirant à chaque édition une cinquantaine de spécialistes de la linguistique computationnelle.

 

Trois grands thèmes ont marqué cette vingtième édition de LACL :

 

  • Les liens entre logique et sémantique distributionnelle :

C’est à dire la manière de relier des faits observés dans un texte de manière quantitative et en tirer des conclusions sur le sens des mots.  En partant de l’hypothèse que deux mots de sens proches apparaissent dans des contextes similaires, on peut faire émerger des proximités sémantiques entre les mots, par exemple entre « chat » et « animal ». Si l’approche fonctionne bien avec de tels mots, il est difficile de la combiner avec les fonctions plus logiques d’autres mots, comme la négation par exemple, et, de manière générale, d’utiliser ces représentations du sens des mots pour obtenir le sens de phrases entières.

 

  • Calcul, logique et représentation du sens :

L’informatique développe des calculs logiques de plus en plus sophistiqués et offre des outils comme la théorie des langages de programmation ou les assistants de preuve. Ces outils, théoriques ou pratiques, peuvent aussi être utilisés afin de rendre compte de certains phénomènes de la langue. Le but est de donner des représentations du sens plus fines et précises, en particulier pour ce qui est sous-entendu, ou encore pour savoir à quoi certains pronoms réfèrent dans un texte donné.

 

  • Des modèles syntaxiques fondés sur la logique :

Cette notion, déjà présente il y a 20 ans, reste un thème important : il vise à obtenir un modèle logique de calcul qui rende compte des propriétés combinatoires des mots, afin d’exclure toutes les formations qui rendraient une phrase grammaticalement incorrecte.

 

En vingt ans, cette conférence a réussi à s’imposer comme un rendez-vous incontournable pour les spécialistes de la discipline, en créant un véritable forum d’échanges d’idées couvrant de nombreux aspects de la linguistique informatique.

  • Pour en savoir plus sur LACL 2016, retrouvez le recueil des articles présentés lors de cette conférence ici.
  • Plus d’informations sur le site de LACL 2016 : http://lacl.gforge.inria.fr/lacl-2016/
  • Prochain rendez-vous de l’équipe Sémagramme : le workshop (In)cohérences du discours, les 30 et 31 mars 2017 au Loria, qui s’intéresse à la modélisation du discours, à son fonctionnement normal et ses dysfonctionnements apparaissant dans les pathologies, en particulier la schizophrénie. Plus d’infos ici.
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